Toons recyclés

Grand pourvoyeur de cartoons pour la télévision, le duo Hanna-Barbera a su recycler de nombreux personnages afin de mieux remplir les grilles de télévision, grande consommatrice de flux peu regardante sur la qualité.

Après avoir fait leurs armes dans l’industrie du cinéma et licenciés malgré le succès indéniable de la série Tom et Jerry, les deux compères comprennent que la télévision naissante, grande consommatrice de programmes était une aubaine. Dès lors, ils consacrent leur énergie à la production de dessins animés, développant un univers riche de personnages hauts en couleurs, de nombreuses séries qui ont marqué petits et grands.

Sans mésestimer la capacité créatrice du duo, force est de constater qu’en observateurs avisés de leur secteur d’activité, ils ont su aussi pêcher chez les autres les idées qu’ils n’avaient pas et recycler les leurs.

Leur premier succès  » Meet the Flinstones » ( La famille Pierrafeu en VF) est une parodie de la populaire série  »  The Honeymooners  » transposée à l’âge de pierre. Barbera avouera plus tard s’être inspiré de cette série. Succès aidant, les Pierrafeu auront droit à leur spin off futuriste  »  The Jetsons « , série au succès moindre.

Les Pierrafeu seront la rampe de lancement d’une collaboration de plus d’un demi-siècle avec la télévision. Autre succès incontestable du duo :  » Les fous du volant «  ( Wacky Races en V.O.), course déjantée aux véhicules improbables et aux protagonistes hurluberluesques.

Les historiens du toon auront noté une forte ressemblance entre le super méchant Satanas et un autre méchant issu lui d’un Betty Boop. De la même façon, les granitiques Roc et Gravillon semblent être les brouillons du hurlant Capitaine Caverne et le personnage de Diabolo semble avoir fortement inspiré celui de …Mumbly.

D’ailleurs, la série Mumbly est un clin d’œil à la télévision, parodie de deux séries policières de l’époque à savoir Kojak propulsé supérieur de Mumbly dans ce cartoon et Mumbly lui-même parodie de Columbo, évoluant dans une voiture cabossée et habillé du sempiternel imper qui fit la marque de fabrique de l’original.

Autre thème largement exploité dans les œuvres Hanna Barbera : La bande de jeunes adultes plongée dans des aventures extraordinaires mêlant enquêtes policières et surnaturel, resucée moderne du Club des Cinq d’Enid Blyton. L’exemple le plus éloquent est sans doute Scooby-Doo. Néanmoins, le Capitaine Caverne s’inscrit aussi dans cette veine. Dans les deux cas les ingrédients sont les mêmes : Personnages à la psychologie typée et figée, mascotte improbable et…Combi-van Volkswagen, automobile populaire de l’époque.

Populaire, telle est la ligne directrice de l’équipe qui surfera en permanence sur toutes les modes afin de mieux adapter ses créations à la cible de son diffuseur. Hong Kong Phooey ( Hong Kong fou-fou en V.F.) en pleine explosion des Atémis de Bruce Lee, les Harlem Globetrotters, Pac Man lors de la naissance des bornes d’arcades, Hanna et Barbera auront su être de tous les coups, de toutes les modes, capable d’adapter à la sauce yankee des BD européennes populaires telles que les Schtroumpfs, Lucky Luke ou les Snorky.

Rattaché depuis à Warner Bros Animation, les créations de Hanna et Barbera continuent leur vie. Le dernier show programmé ? Scooby-Doo! Mystery Incorporated.

 

L’Inspecteur Gadget a perdu sa voix

Parmi la pléiade de personnages de dessins animés, certains demeurent dans l’imaginaire collectif et défient les générations. L’Inspecteur Gadget en fait partie.

Go-go-Gadget-o-Succès !

Plus d’un quart de siècle après sa création, le flic farfelu et maladroit fait toujours le bonheur des petits et grands enfants qui sirotent ses explois lors de soirées dédiées sur Gulli. Comment ce policier gaffeur à l’extrême peut-il rallier tous les suffrages ?

L’art de la parodie

Tout l’univers de l’Inspecteur Gadget est un hommage aux différentes séries policières. L’Inspecteur en lui-même : Directement inspiré de l’Inspecteur Clouseau, son histoire d’homme bio-ionique n’est pas sans rappeler celle de  » l’homme qui valait 3 milliards » , sa voiture, elle, est digne d’une Batmobile ou d’une James Bond Car.

Ensuite, chaque épisode commençant invariablement par la mise en main propre par Gontier d’une cassette qui s’autodétruit à l’instar de la série   » Mission Impossible » . Face à un tel énergumène dont le visage emprunte quelques traits à Lucky Luke, dont la maladresse se rapproche de celle de Gaston Lagaffe ou d’un Pierre  » Grand Blond » Richard dans ses grandes oeuvres, il faut forcément un Super-méchant.

Ce Super-méchant, si laid qu’on ne voit jamais son visage est à la tête d’une organisation criminelle le M.A.D. dont la persévérance et la survivance vaut bien le S.P.E.C.T.R.E. de James Bond. Deux organisations criminelles aux acronymes-acrostiches, deux Super-Méchants qui ont un point en commun : leur chat. Celui de l’ennemi de Bond, Blofeld est blanc, celui du Docteur Gang est noir et narquois.

Malheureusement, depuis le 2 Décembre, l’Inspecteur préféré des bambins est muet : En effet, sa voix française, celle de Jacques Cardona, auteur, compositeur, producteur a rejoint celle des muses. Les Mystérieuses cités d’or, c’était lui… ainsi que Ulysse revient .

Il était à l’origine du célèbre studio d’enregistrement Condorcet à Toulouse. Il fut le producteur du groupe Gold. Il a collaboré à l’écriture de nombreux titres dont Capitaine abandonné, Plus près des étoiles pour Gold, Tout est pardonné pour Marie Myriam, l’album Cadillac pour Johnny Halliday.

Plus près des étoiles Jacques…

Source http://blog.fanmusik.com/2008/12/03/hommage-jacques-cardona-auteur-compositeur-interprete-producteur/

Popeye le prototype

Créé par Segar et distribué en strips par King Features Syndicate, groupe du magnat de la presse Randolph Hearst avant de devenir une star du Cartoon, le marin borgne a inspiré de nombreux auteurs, de Franquin à Matt Groening.

Popeye est le nom d’un personnage de bande dessinée et de films d’animation, créé par Elzie Crisler Segar en 1929. Il est d’abord apparu en tant que personnage secondaire dans le comic strip The Thimble Theatre, le 17 janvier 1929 (il était un marin qui escortait le fiancé et le frère d’Olive lors d’un voyage en mer). Par la suite, il finit par avoir une série à son nom. Après la mort de Segar (qui signe avec un cigare), en 1938, la série est reprise par Tom Sims et Ralph Stein (scénarios) et après Dic Winer, Joe Musialet Bill Zaboly (dessins). À partir de 1958, c’est Bud Sagendorf qui réalise la série, laissant les strips quotidiens à Bobby London à partir de 1986.

Les personnages

Popeye : Littéralement,  » oeil éclaté », ce marin borgne conducteur d’un remorqueur est colérique, fruste et possède une force incroyable. Prognate, aux avants-bras hypertrophiés et à la démarche chaloupée, c’est l’anti-héros par excellence, à mille lieux d’un Superman. Alternative aux comics monolithiques, il aura inspiré des Freaks Brothers à Gaston en passant par les Simpson.

En effet, nul besoin d’être bédéphile pour discerner l’apport déterminant de Popeye dans l’art de la caricature de la société américaine. Segar a su créer une famille déjantée. Tout d’abord Olive Oyl, dont le nom ,Huile d’Olive est un calembour, est laide, grande, mince et âpre au gain. Wimpy, littéralement le goinfre, nommé Gontran en France est un pique-assiette parasite qui vit aux crochets des autres. Le père de Popeye est encore plus rustre que son fils, lorgne souvent les jeunettes et est porté sur la bouteille. Autant de traits qui renvoient immanquablement à un Moe, un Barney, un Burns ou un Homer Simpson.

Une influence déterminante

L’influence de Segar se répercute dans de nombreux domaines. Ainsi sa création du Jeep a inspiré le nom du 4×4 des GI libérateurs, a inspiré aussi à Franquin sa plus célèbre création : le Marsupilami. Comme son aîné le Marsupilami dispose de talents incroyables, vient d’on ne sait où et son vocabulaire est des plus limité.

La potion magique d’Astérix n’est sans doute pas étrangère aux épinards du marin borgne, alors parole-gouvernemental d’un légume supplétif lors d’une pénurie alimentaire due à la deuxième guerre mondiale, à tel point que la ville de Crystal City, première productrice d’épinards érigerera à titre posthume et patriotique une statue à la gloire du marin mangeur d’épinards.

Enfin, comme Segar, Franquin s’amusait aussi à signer les planches de gags de Gaston en personnalisant sa signature à la planche.

Sources http://fr.wikipedia.org/wiki/Popeye

et aussi des souvenirs d’un papier de Léandri dans un Fluide Glacialhttp://www.fluideglacial.com/

Il était une fois l’homme

Ayant fait nouvellement l’acquisition d’un boîtier TNT, les pérégrinations de la zapette se font plus nombreuses au risque de provoquer des durillons sur mon pouce droit. L’avantage de la TNT est certes la multiplication de l’offre télévisuelle mais forcément comporte le risque de zapping intempestif. Faire le tri relève de la gageure, le télespecateur décrochant plus facilement qu’il n’accroche. Résultat la plupart de ces nouvelles chaînes débordent de réality-shows vides de sens, raccoleurs et directement importés des USA.

Toutefois, dans ce flot d’images continues, mon oeil s’est arrêté sur Gulli pour y retrouver une série de mon enfance conciliant à la fois pédagogie et divertissement.  » Il était une fois l’homme », premier opus d’une lignée de séries écrites par Albert Barille.

Albert Barille qui s’est fait connaître par Colargol signe avec ces séries ‘ Il était une fois… » de nombreux coups de maîtres. Jamais mannichéen, toujours juste, Albert Barille est également l’auteur de nombreux documentaires médicaux sur des organes à la fin des années 1980, et écrivain de romans, de pièce de théâtre ou de livre de vulgarisation philosophique.

Bravo et merci à Gulli de rediffuser cette série dont le générique reste profondément ancré dans la mémoire de la génération Goldorak. Librement inspiré de la Toccata et Fugue en Ré mineur de Jean Sébastien Bach, le générique égrène l’histoire de l’humanité, de l’évolutionnisme à la conquête spatiale sur fond de fatalisme.

« Donner à nos enfants le désir de savoir, éveiller leur curiosité. Les traiter aussi en personnes à part entière, qui comprennent bien plus que ne le croient les adultes. Vous les fortifierez ainsi et ils vous en seront gré. » A.Barille

 » Il était une fois l’homme » du Lundi au Vendredi, 10h45, Gulli

Tom et Jerry orphelins

Joseph Barbera, le dessinateur des célèbres personnages de dessin animé Tom et Jerry, est mort lundi à Los Angeles (Californie) à l’âge de 95 ans, a annoncé son entourage.

Joseph Barbera avait créé en 1957 avec William Hanna la société d’animation de légende Hanna-Barbera devenue célèbre pour ses dessins animés « Tom et Jerry », « Yogi Bear », « Scooby Doo » ou encore « Fred Flintstone ». « Joe Barbera était réellement une légende de l’animation et de la télévision », a dit Barry Meyer, président de Warner Bros.

« De l’âge de pierre à l’ère de l’espace, aux heures de grande écoute ou les samedis matins, (…), les personnages qu’il a créés avec son partenaire défunt, William Hanna, ne sont pas seulement des super-vedettes animées mais aussi une part chérie de la culture américaine populaire ». « Il continuera à vivre à travers son oeuvre », a-t-il promis.

La mort de Joseph Barbera intervient cinq ans après celle de William Hanna, décédé en 2001 à l’âge de 90 ans. Les deux hommes avaient commencé en 1937 leur collaboration avec la Metro-Goldwyn-Mayer, où ils ont créé le chat Tom cherchant par tous les stratagèmes à attraper la souris Jerry mais sans jamais y arriver. Hanna produisait tandis que Barbera dessinait, remportant 7 Oscars.

Grâce à l’avènement de la télévision, Hanna-Barbera a produit plus de 300 dessins animés, pendant 60 ans. Parmi les titres les plus célèbres, « The Flintstones » (Les Pierrafeu), diffusé pour la première fois en 1960, « Yogi Bear » ( Yogi l’ours) , « Johnny Quest », « Scooby Doo », « The Banana Splits, » « The Harlem Globetrotters, » « The Jetsons » (Spin-off futuriste des Pierrafeu) et « The Smurfs » ( adaptation des Schtroumpfs de Peyo).

« Scooby Doo », qui a été diffusé pendant 17 années, est le dessin animé diffusé le plus longtemps à la télévision. Né en 1911 à New York, Barbera avait débuté comme banquier mais avait percé comme dessinateur quand un magazine a publié ses bandes dessinées. Il a fait des études d’art avant de démarrer aux studios d’animation Van Beuren à New York.

Barbera et Hanna étaient des pionniers du monde de l’animation, selon Sander Schwartz, président de Warner Bros Animation. « Bill a créé un modèle de production télévisée qui fera date et Joe l’a alimenté avec ses idées de spectacles amusantes et originales et ses personnages inoubliables qui traverseront les temps comme son ultime héritage », a déclaré M. Schwartz.

« Les contributions de Joe à l’animation et à l’industrie de la télévision sont uniques », a-t-il ajouté. Hanna et Barbera ont leur étoile sur la fameuse Promenade de la gloire à Hollywood.

Source http://www.orange.fr/bin/frame.cgi?u=http://actu.orange.fr

Sexy Betty

Boop boop a doop ! Des coulisses naît une muse. Muse qui amuse. D’abord simple faire-valoir, son charisme n’échappa ni aux frères Fleischer ni au public qui plébiscita ce petit bout de femme dont l’exquise silhouette se double d’un caractère bien trempé.

Virtuelle, sexy, protoype et inspiratrice, Marylin lui doit un Gimmick « Boop boop a doop », Brigitte Bardot des initiales et la défense des animaux comme l’atteste l’épisode  » Be Human ».

Hanna et Barbera-quant à eux- ont su dénicher dans  » No, No a thousand times No » un vil individu à l’air fourbe et machiavélique aux moustaches effilées, doté d’un casque de pilote qui n’est pas sans rappeler un certain…Satanas

Enfin Nick Park après avoir visionné le  » Betty Boop, Crazy Inventions » 1933 a dû souffler à Wallace de nombreuses inventions farfelues. Notons au passage dans cet inventaire de Crazy Inventions, la machine à écraser les cigarettes, un essui-glace pour tâches intempestives sur le plastron ( très pratique lors d’une soirée spaghetti bolognaises) et enfin une machine qui sert à déguster  le maïs digne d’un sketch de Jerry Lewis !

Pin-Up avant l’heure, brune qui ne compte pas pour des prunes, cette pimpante septugénaire swingue sur Cab Calloway dans  » The old man of the Mountain » pour devenir une icône qui réussit le tour de force de concilier cartoons et femme fatale. Et Roger Rabbit boucle la boucle dans un film hommage dont le principe-mélange d’animation et de cinéma traditionnel- fût initié par les Fleischer en 1933 dans le « Road to Glory ».

Betty, la classe, tout simplement .

Betty boop en DVD : Cartoon Craze ( environ 1 euro mais un doublage pitoyable, dispo dans les Super et Hyper, notamment Auchan)

Abouti et élégant :http://www.films-sans-frontieres.fr/bettyboop/

site officiel : http://www.bettyboop.com/