Webséries nantaises, vers une mort lente ?

Webséries nantaises, vers une mort lente ?

C’est un brin tristoune que je viens d’apprendre l’arrêt définitif de la websérie nantaise « Les Piliers de la Connaissance ». Une de plus en moins ! Alors, oui, d’aucuns me rétorqueront que cette web série laissera sa place à une nouvelle, à n’en pas douter. Ce raisonnement tautologique lénifiant peine à masquer la réalité. Nous assistons à une véritable hémorragie locale rendant exsangue ce secteur de création. Comédien et donc partie prenante, mon point de vue sera sans doute partial car parcellaire mais je ne peux que constater impuissant à une mort lente de ce format, du moins sur Nantes.

En 2014, Joël Bassaget, expert en webséries, dans un article intitulé « Nantes, le nouveau creuset de la fiction numérique » (1) soulignait avec enthousiasme que Nantes et sa périphérie représentaient près de 25% des nouvelles productions de webséries de l’hexagone. Las, depuis, les suspensions temporaires, désaffections, arrêts définitifs se sont multipliés.

(1)http://webseriesmag.blogs.liberation.fr/2014/12/01/nantes-nouveau-creuset-de-la-fiction-numerique/

« Jean mouloud semoule », « Switch », « Les gardiens », « Dr Joy » et maintenant « Les piliers de la connaissance », autant de webséries made in Nantes qui témoignaient d’un dynamisme créatif local et qui désormais sont en léthargie si ce n’est euthanasiées.

Pourtant, les instances culturelles locales se réjouissaient de cette vigueur créative mais sans pour autant accompagner réellement ces porteurs de projets.  Ainsi, lors d’une interview, Guylaine Haas, responsable des aides au secteur Cinéma et Audiovisuel du Conseil Régional des Pays de la Loire s’enorgueillissait de l’arrivée de ces nouveaux acteurs, tout en admettant que la Région Pays de la Loire ne disposait d’aucune structure, d’aucun « laboratoire » capables de soutenir ces créations, quelle que soit cette forme de soutien (mobilisation des compétences locales, apports de fonds ou caution financière pour la location de matériel).(2)

(2) http://filmsenbretagne.org/nantes-web-series-le-miracle-annonciateur/

Pis encore : la subvention allouée à l’aide à l’écriture aux premiers scénarios a été supprimée par le département. Attendons de voir, à l’échelle régionale, ce que la nouvelle majorité, fraîchement élue, nous réserve. Dès lors, faute de soutien et pour des raisons qui ne motivent que les intéressés eux-mêmes (fatigue, lassitude, solitude, rayez la mention inutile), ces auteurs/réalisateurs/techniciens et comédiens, bricoleurs fantasques jettent doucement l’éponge, se tournent vers d’autres formats,  donnant raison au darwinisme culturel mettant sempiternellement en confrontation offre et demande.

Une excellence nantaise à défendre

Fort heureusement, quelques webséries nantaises résistent, avec une vitalité remarquable. Les millions de vues cumulées de la web série de Valentine « J’veux un mec » en sont la preuve. Random, après avoir accumulé sélections et prix s’est vu offrir par la plateforme Wat appartenant au groupe TF1 un focus formidable, confortant ses créateurs de continuer l’aventure pour une nouvelle saison.

Parallèlement, Nantes regorge de structures d’enseignement supérieur préparant aux métiers de l’audiovisuel. Cinécréatis, Ciné Sup, le BTS Audiovisuel du Lycée Léonard de Vinci à Montaigu et dans une moindre mesure MJM, autant d’étudiants et professionnels en devenir qui sont déjà capables d’affirmer leurs savoir-faire. Ainsi, le court-métrage « Jimbo » réalisé en 2015 par des étudiants de troisième année de Cinécréatis poursuit désormais une carrière internationale !

Voir, faire savoir

A Nantes, depuis quelques temps, les supports de diffusion et donc les occasions de voir se sont multipliés : « Jolis Mômes », association audiovisuelle, producteur et coproducteur de nombreux projets, propose en collaboration avec le diffuseur Télé Nantes, une sélection de CM réalisés au cours de l’année dans le cadre de l’émission « Le club du Short ». « Court en Bar », autre association, propose quant à elle, la diffusion bimestrielle d’une sélection de CM, clips, dans des bars nantais, permettant ainsi aux réalisateurs du département mais aussi de la région une plus large exposition de leur travaux et de fait, de nouvelles opportunités de rencontres et de collaborations.

Cette volonté de faire savoir, s’exprime aussi par la naissance de nouvelles structures, plateformes collaboratives qui proposent de créer du lien et d’entretenir un réseau entre les différents acteurs du secteur audiovisuel ligérien. La bien nommée « La Plateforme », ainsi que « Skwaad », nouvelle venue, autant de passerelles permettant de maintenir l’existant tout en renouvelant les énergies.

Nantes et d’une manière générale, le département, voire la région, paraissent donc armés afin de porter d’ambitieux projets, afin de « monter » à terme d’ambitieuses productions. Pour cela, il serait sans doute judicieux d’opérer une synergie entre toutes ces structures, toutes ces bonnes volontés, sans pour autant perdre ce qui fait l’essence même de nos métiers : le plaisir !

Le plaisir, justement évoqué dans cet ultime épisode des « Piliers de la Connaissance« . A bientôt les gars !

 

Bettie Page, toujours à la page

Jamais les Bimbos n’auront été aussi présentes. De Victoria Silvsdet en passant par la poupée gonflante croisée en boîte de nuit, jamais les codes de la Bimbo n’auront été aussi présents et prévisibles.

Poitrine arrogante soutenue par WonderBra ou Push-Up, tatouages tribaux ou d’inspiration asiatique au creux des reins, sur l’épaule ou à la cheville, bijoux et piercings de rigueur, la Bimbo est une créature à la mode et de ce fait éphémère et prévisible.

S’il est vrai que les plus beaux trésors sont souvent cachés, la Bimbo n’est qu’une vitrine vulgaire d’un coffre-fort bien gardé: La Pin-up !

Icône popularisée par les GI’s, la Pin-Up dévoile, montre mais surtout surpasse les simagrées des Bimbos pour imposer un imaginaire à des années-lumière des fantasmes masculins. Par essence inaccessible, la Pin-Up est épinglable par frustration. Du Sherman à la cabine du routier, elle devient compagne incroyable d’un banal quotidien.

Pour toutes ces raisons, la Pin-Up méritait bien un hommage. C’est désormais chose faite grâce à  » The Notorious Bettie Page », biopic qui retrace la vie sulfureuse de la mère des Pin-Up : Bettie Page.

Réalisé par Mary Harron (à qui l’on doit l’adaptation du roman de Brett Easton Ellis  » American Psycho »), et avec Gretchen Mol dans le rôle titre , ce film au delà d’une bio s’interroge aussi sur la censure étatique à une époque où le maccarthysme sévissait.

En attendant une sortie française, et si comme moi la Pin-Up pique votre imaginaire, je ne saurai que vous commencer d’aller jeter un coup d’oeil chez Dita Von Teese. Digne héritière de Betty, la femme de Marylin Manson alterne burlesque et sexy, le tout dans un verre de Martini géant. Mon royaume pour une Pin-Up!