C’est Mozart qu’on assassine

C’est désormais une tradition. La rentrée culturelle s’accompagne d’une énième comédie musicale. Un genre définitivement ancré dans le paysage musical et qui chaque année cherche un thème-prétexte à exploiter.

Après l’univers de la littérature  » Notre Dame de Paris, Roméo et Juliette », l’adaptation de succès du Box-Office  » Le Roi Lion, Kirikou », l’univers historique  » Cléopâtre, Le Roi Soleil » , l’univers des contes  » Ali baba, Le magicien d’Oz, Cendrillon », l’univers religieux  » Les 10 Commandements », le nouveau filon est celui de la biographie du musicien. C’est du moins le pari du prolifique producteur Dove Attia et de son compère Albert Cohen qui nous infligent ni plus ni moins qu’un Opéra-Rock sur Mozart. Vaste projet en hommage libres de droits.

Si la forme change, le fond reste le même. De la guimauve dégoulinante entêtante à matraquer tout au long des ondes FM, de la promotion à assurer sur les plateaux TV. Ainsi, la chanson  » Le bien qui fait mal » résume à elle seule l’indigence poétique qui anime ces bluettes.

Digne d’un sketch de Gad Elmaleh, cet échantillon donne le la, las. Probablement conçue grâce à un dictionnaire de rimes, cette chanson est d’une pauvreté affligeante. Sur la partition de la facilité s’enchaînent les rimes pauvres, les antonymes et les poncifs avec la même banalité prévisible qui fait rimer Amour avec Toujours.

Extraits :  » Si j’ignore d’où vient ce fléau, j’adore l’avoir dans la peau (…) le désir devient ma prison, à en perdre la raison. C’est le bien qui fait mal (…) c’est si bon de souffrir (…). On notera la persistance d’un thème SM dans cette chanson ( ?)

De ce projet, s’il ne fallait retenir autre chose qu’un salmigondis de mots alignés sans inspiration, c’est la capacité de l’équipe de production à mobiliser, à lever des fonds afin de faire travailler une équipe technique et artistique pléthorique.
Pour le reste, L’homme de la Mancha ou Starmania sont toujours disponibles pour les oreilles averties et exigeantes.

Vendus à Facebook ?

La croissance exponentielle mondiale d’utilisateurs d’Internet a entraîné de nouvelles demandes, de nouvelles offres. Ainsi nous assistons actuellement à l’explosion du Web 2.0 dont l’un des socles est la notion de réseau social et dont l’un des acteurs se nomme Facebook.

En moins de 10 ans, l’Internet dédié au grand public s’est mué au gré des technologies, des attentes de ses divers acteurs. La mutation continuera car Internet-au contraire d’un livre- n’est pas un espace fini. Internet, tous les jours, ouvre un nouveau chapitre de son histoire dans une logique «  positiviste » qui veut concilier croissance économique avec progrès, modernité et agora citoyenne.

Facebook se positionne ainsi comme le fer de lance du web 2.0. quels en sont ses intérêts ?

Il y a quelques années, un internaute possédait une adresse électronique, avatar numérique des pages blanches. Ses recherches laborieuses se heurtaient à l’indigence d’une bibliothèque (moteur de recherche) indigne de fusionner son carnet d’adresse et sa quête de connaissances. Copains d’avant et consorts faisaient leurs a apparitions, ainsi naissait la Net Identité, entité qui fusionne l’histoire présente, passée et future, bref la trajectoire de vie d’un internaute.

Leader par défaut, Facebook a su et saura agréger les fonctionnalités qui forment la Net Identité : adresse électronique multimédia, chat, blog, moteur de recherche pour tous les aspirants à la notoriété. Pour autant, la Net Identité, cette apparence qui se veut transparence n’est en rien synonyme d’authenticité. A l’instar des faussaires, des CV bidonnés, l’apparence sur Facebook tient de l’auto-représentation, de cette faculté à se créer.

Ainsi Facebook est une vitrine virtuelle de l’humain qui tend à objectiviser l’humain. Le non exprimé y est aussi important que le paraître . Et pour cause : Derrière la devanture clinquante polie par l’auto-censure et le filtre du clavier se cache un bazar, concentré des turpides d’une chair qui ne confie jamais ses valeurs mais affiche toujours son prix et ses coûts.

Facebook ne s’y est d’ailleurs pas trompé et accole à chacun de ses membres des publicités personnalisées, un marketing direct pressurisant sans cesse, à l’affût de la moindre faille qui ne fait pas de vous un consommateur accompli. Vous voilà désormais client de Facebook.

A l’utopie de l’agora citoyenne s’est substitué le cynisme d’applications diverses. Sous leurs formes ludiques, ces applications ne servent qu’à alimenter la base de données de Facebook, lequel Facebook monnaie cette base de données pour des sites marchands en quête de chalands. Le comble étant atteint avec l’application «  Amis à Vendre ».

Le magot de Lucky Luke

Annoncé le 21 octobre, le film Lucky Luke marquera les retrouvailles du  réalisateur James Huth et de Jean Dujardin. Pour un succès à la Brice de Nice ?

Lucky Luke, un coup de poker ?

Enorme gageure pour les deux compères qui portent d’ores et déjà le poids de ce pari sur leurs épaules et devront conduire la diligence à bon port. Enorme gageure car James Huth et Jean Dujardin ont alterné au long de leurs carrières respectives le bon et le moins bon. Et ici, il ne s’agit as de se louper tant le cow-boy taciturne a marqué de nombreux bédéphiles et tant ceux-ci ont pu être échaudés par les nombreuses adaptations de leur pistolero préféré.
Si l’on omet les diverses adaptations en dessins animés de l’œuvre du duo Morris-Goscinny, il reste en mémoire deux films adaptés de l’univers de Lucky Luke. L’éponyme avec Terence Hill et « Les Dalton » du tandem Eric et Ramzy. Deux films médiocres malgré un casting alléchant.
Tout d’abord le « Lucky Luke » de Terence Hill. Fort d’une expérience acquise depuis l’inoubliable «  Mon Nom est Personne » et renforcé par la saga des «  Trinita », Terence Hill semblait à même de porter avec justesse le six coups de Lucky Luke. Malheureusement, rien ne fût respecté : Du costume à la mèche, rien ne fût, à se demander si le titre du film n’avait pas été acheté comme une franchise apposée à une marchandise frelatée. « Les Dalton » de Eric et Ramzy participèrent aussi à cette entreprise de démolition. Dès lors, le Lucky Luke de Huth peut soulever de nombreuses interrogations.

Lucky Luke, le Jackpot

L’impression générale qui se dégage des premières images du teaser est néanmoins positive. Charte graphique respectée, les couleurs vives et saturées du costume de Lucky Luke sont du plus bel effet, le ciel est bleu, la mèche tombante, les coutures du chapeau ( un peu trop ?) présentes. Malgré son bronzage prononcé, le profil de Lucky Luke est identifiable immédiatement.
Cadrage au cordeau, plans hommages au genre Western, rien ne manque. Toutefois, le risque est grand pour que ce film ne tourne en foire au cabotinage.
Dès lors, Sylvie Testud, Melvil Poupaud et Alexandra Lamy ne seront donc pas de trop pour atténuer un trio enclin aux pantalonnades, car Dujardin , habitué des mimiques excessives sera entouré de trublions qui ne s’en laissent pas compter à savoir Michael Youn et Daniel Prévost.
Artillerie lourde pour ce film qui ne lésine pas sur les moyens ( un budget de 27 millions d’euros ) qui compte ratisser large et qui se positionne comme le succès commercial populaire de l’automne.

Maintenant quid de l’esprit Lucky Luke. Comme écrit précédemment, les doutes sont de rigueur tant de nombreux acteurs et réalisateurs s’y sont cassés les dents, tant Lucky Luke lui-même a perdu de sa superbe au fur et à mesure du décès de ses pères originels, des dessinateurs/ scénaristes interchangeables qui ont enchaîné les aventures atones, au fur et à mesure que Médias Participations a dilué l’âme du cow-boy par de multiples et dispensables spin-offs ( la Jeunesse de Lucky Luke, Rantanplan (1)) transformant l’homme de l’ouest solitaire en cash machine.

S’il réussit son pari, James Huth pourra s’enorgueillir d’avoir redonné vie à un monument en péril. Si non, Lucky Luke sera définitivement six pieds sous terre.

(1) Sur Media Participations, lire ICI

Michael Jackson, le pathos planétaire

Sitôt mort, les hommages, les nécrologies et les pleurnicheuses professionnelles se répandent dans tous les médias. Sitôt mort, l’icône devient intouchable et l’artiste a droit a une hagiographie en Mondo-Vision qu’aucun saint d’aucune religion n’aurait espéré.
Il faudra s’y faire : Nous vivons désormais dans une planète en mode Pathos où le lien entre des millions d’individus se résume à des émotions massives.

Hosanna, Michael Jackson rentre au panthéon de la mémoire collective
sans avoir trouvé un vaccin contre le SIDA, sans avoir guéri le cancer.
Quid de l’Iran ? Des millions d’êtres humains qui crèvent la dalle ?

Dès hier soir et durant toute cette journée, tous les médias vont nous abreuver de la vie, de l’oeuvre de Michael Jackson en prenant soin d’occulter les zones sombres de l’homme qui accessoirement fût accusé de pédophilie. Michael Jackson est mort, un prédateur sexuel s’en va, les petits enfants du monde entier lui disent merci.

 Les séquences musicales ininterrompues se succèdent à la radio et confinent à la nausée, les télévisions déversent leurs images, nous vivons en Mondo-Pathos. Aujourd’hui, les larmes sont de rigueur. Ayons une petite pensée au passage pour tous les sosies de Michael Jackson qui viennent de perdre leur gagne-pain. Saleté de crise !

Variété française ou un demi-siècle d’acculturation musicale

A l’heure où Johnny Hallyday entame son ultime tournée, il est confondant de constater que les principaux mouvements musicaux de la contre-culture française se sont fondés sur un processus d’acculturation.

50 ans que ça dure et non, non rien n’a changé ! Depuis l’importation du Rock en hexagone jusqu’au Rap, les deux mouvements majoritaires de la scène musicale française ne doivent leur naissance qu’à un processus d’acculturation, loin de l’exception française dont se targuent pourtant de nombreux artistes.

En effet, ces deux mouvements ont plus de convergences à partager que de divergences. Tous deux sont nés aux Etats-Unis pour être ensuite importés en France. Le Rock comme son descendant le Rap, issus de mouvements Underground de Contre-Cultures en réaction à la « majorité silencieuse » s’exportent dans le monde entier.

Ces deux mouvements se distinguent de leur innovations musicales créatrices, un « son », des paroles jusque là jamais entendus qui devient un cri de ralliement de toutes/tous celles et ceux qui ne reconnaissent pas dans le modèle que veulent leur imposer ceux qui représentent l’autorité. Volonté d’affirmation et d’individuation, liberté d’être reconnu différent, refus du système, autant de points de convergences que partagent Rock et Rap.

Le Rock comme le Rap essaime dans le monde entier et avec eux les codes inhérents à cette contre-culture exotique.

Dès qu’il s’agit de manier le Rock ou Rap version Camembert, les premiers essais se font par une traduction littérale à la fois des paroles, à la fois de la musique, à la fois des interprètes. Jean Philippe Smet devient Johnny Hallyday, Claude Moine se rebaptise Eddy Mitchell, Didier Morville Joey Starr,  Alix Mathurin Kerry James… Acculturation du style musical, acculturation de l’identité des interprètes, acculturation toujours des codes langagiers, vestimentaires.

Au blouson de cuir Perfecto s’est substitué les Nike, aux Santiags les chaînes en or, à la Harley le bolide surpuissant. Dans les deux cas de figure, rien n’est inventé, les épigones se contentant d’un copier-coller de la source originelle, suffisamment originale pour bluffer l’auditoire. Parfois, il est même stupéfiant de constater à quel point les thématiques dégagées par ces deux courants sont similaires. Là ou le rappeur affiche jolies filles, voiture gonflée et mépris pour le candiraton, Richard Anthony dans  » Nouvelle Vague » chantait trois compères dans une MG, scrutant les jambes des filles en balançant par son épaule, le journal des aigris.

Les clashs, symptômatiques du Rap, altercations entre chanteurs par chansons interposées ? Antoine et Johnny les pratiquaient déjà, Antoine souhaitant voir Johnny en cage à Médrano, lequel rétorqua par un  » Cheveux longs, idées courtes ».

Enfin, au long terme, ces deux courants s’émancipent du modèle original afin de coller aux aspirations de leur auditoire, tentent de se dégager de l’influence originelle pour finalement se fondre dans la masse, avant de devenir un genre conformiste car accepté voire médiatiquement et socialement encouragé et salué. A la révolte succède l’embourgeoisement , l’acceptation du système par tous, artistes comme public pour lequel la musique tant synonyme de différenciation ne devient qu’un pis-aller de nostalgie, un objet transitionnel avant le passage à l’âge adulte juste avant de rejoindre les rangs de la « majorité silencieuse ».

Du coffre à jouets au grand écran

Après Transformers et GI Joe, ce sera au tour du Major Matt Mason de connaître la consécration sur grand écran. Les adaptations télévisuelles de gammes de jouets existent depuis fort longtemps mais fait nouveau c’est désormais Hollywood qui s’occupe du placement de produits made in USA, pour le plus grand bonheur des leaders du secteur à savoir Mattel et Hasbro qui voient ainsi le moyen d’écouler leurs produits et de relancer leurs gammes de jouets.

Le phénomène n’est pas récent. Depuis l’entrée massive de la télévision dans les foyers, les diffuseurs avides d’alimenter leurs grilles de programmes ont su se muer en têtes de gondoles afin de promouvoir le secteur du jouet.

En général, les événements étaient concommitants. Peu de temps après la mise sur le marché d’une nouvelle ligne de jouets, une série animée envahissait les petits écrans, série qui bien souvent ne servait que de prétexte à la promotion desdits jouets. Les annonceurs ravis de cette pub sous couvert de divertissement pour enfants jouaient le jeu plaçant leurs pubs avant/pendant/après, la télé vendaient ses espaces publicitaires, les ventes de la gamme de jouet en question augmentaient, tout le monde y trouvait son compte.

Ainsi, GI Joe fût probablement la première gamme de jouet à bénéficier d’un support audiovisuel afin d’accroître ses ventes. La simple poupée mannequin se vît décliner en figurines de petite taille, en plusieurs séries, etc etc, la série télé se chargeant d’assurer le service après-vente.

Les Maîtres de l’Univers, Transformers, Pokémon, toutes ces séries sont à la base des jouets autour desquels fûrent construits des univers, la série animée devenant produit dérivé. Mais c’est là un fait nouveau : Après avoir été diffusées à la télévision, ces séries migrent maintenant vers le cinéma et c’est désormais un duel à distance que se livrent Hasbro et Mattel , duel qui n’a pour but que de relancer de vieilles gammes de jouets qui pour certaines datent de près d’un demi-siècle !

Mattel fût la première à tenter l’adaptation sur grand écran d’une gamme de jouets : Ce fût les Maîtres de l’Univers. L’échec de cette adaptation a calmé les ardeurs des fabricants de jouets qui attendront le tsunami Pokémon avant de retenter l’expérience. Toutefois, le succès du film pokémon est à nuancer : Librement extrapolé de la série animée, elle ne mettait pas en scène des acteurs en chair et en os.

C’est le Transformers de Mickael Bay qui a décomplexé les fabricants de jouets et leur a ouvert les portes du possible. Transformers, gamme de jouets de Hasbro, datant des 80’s a su conquérir un nouveau public et jouer sur la fibre nostalgique des anciens enfants désormais parents qui ont cautionné ce spectacle et n’ont pas hésiter à se fendre d’un Optimus Prime pour la bonne cause. Une opération tout bénéfice pour Hasbro qui non seulement se permettait de ressortir la gamme de jouets originale, c’est-à-dire des vieux moules amortis, afin de vendre à prix d’or aux adultes la collection de leur enfance, la nostalgie n’ayant pas de prix, les jeunes adultes/parents ont cassé leurs tirelires afin de s’offrir un bout d’enfance, les enfants quant à eux se régalant avec les produits dérivés du film et de la nouvelle série télé qui s’en suivit : Transformers Animated.

Fort de ce succès, Hasbro, de concert avec l’équipe DreamWorks commettra cette année un deuxième opus. Et Hasbro ne compte pas en rester là et va décliner au cinéma l’une de ses créations les plus populaires : GI Joe !

Comme pour les Transformers, le film se voudra avant tout un spectacle familial, pyrotechnique, au scénario mannichéen, linéaire, une séance pop-corn et bubble-gum aux accents régressifs infantilisants jouant sur la partie reptilienne des cerveaux pour un moment de toute-puissance savamment orchestrée qui aura pour conséquences de (re)nouer avec les jouets en question.

Forcément, l’autre géant du jouet Mattel ne saurait passer à compter de l’aubaine que constitue cette énorme publicité d’une heure et demie et va proposer un film basée sur une gamme de jouets des années 70 : Major Matt Mason ! Aventures lunaires au programme, avec Tom Hanks dans le rôle titre. Un Blockbuster qui sera l’occasion pour Mattel de relancer cette vieille gamme de jouets.

Il se murmure que John Stevenson serait tenté par une nouvelle adaptation des Maîtres de l’Univers

Roger Corman, photocopieur pillé

Le Claude Berri du Nanar, le prolifique producteur-réalisateur-distributeur Roger Corman, n’aurait pu rêver mieux comme hommage qu’une mise en abyme d’une de ses oeuvres.

Roger Corman, mètre-étalon de la série B est avant tout un producteur avisé qui s’efforçait de dégainer le premier, en sortant une de ses productions maisons avant le Blockbuster attendu tout en bénéficiant de la promotion dudit Blockbuster. Succédanés de la Guerre des Etoiles, Alien, nombreux de ses films et productions durent leur succès à cette technique de parasitage et probablement aussi au fait que Corman proposait un cinéma populaire, 100% action aux scénarios mélangeant allègrement comics, satire sociale, le tout de manière outrancière. Sans nuances mais avec de l’adrénaline.

Pour autant, réduire Roger Corman au rôle systématique de producteur de séries B serait une injustice. En effet, Roger Corman a eu du flair. Le flair du producteur qui a su déniché les talents qui font aujourd’hui les beaux jours d’Hollywood, tels que Ron Howard, Martin Scorcese, Francis Ford Coppola, Joe Dante, Sylvester Stallone. Distributeur de talent qui aura importé Truffaut, Fellini, Kurosawa, Bergman aux Etats-Unis.

Parmi le lot de ses productions, l’une d’elle mérite le détour : Death Race 2000 ( Les saigneurs de la route). En l’an 2000, les Etats-Unis, après une grave crise financière, sont devenus un pays fasciste où tous les ans la Death Race est organisée et médiatisée largement à travers le territoire, avec l’appui du président. La compétition consiste en une course de voitures, les participants devant aller de la côte est à la côte ouest. En chemin, ils marquent des points… en écrasant les passants. Et Death Race 2000 a essaimé : des caméras embarquées sur le capot des voitures, technique que l’on retrouve dans Mad Max au jeu vidéo Carmaggedon, Death Race, trente années plus tard bénéficie d’un remake nommé…Death Race 3000. Roger Corman n’aurait pas trouvé mieux.

Death Race 2000 http://www.cinetudes.com/index.php?action=article&numero=111

Roger Corman http://fr.wikipedia.org/wiki/Roger_Corman

Elodie Chérie, entre mélodie et drôlerie

Au-delà de souvenirs onanistes inhérents à ce genre de production, Elodie Chérie occupe une place à part dans la mémoire de nombreux porno cinéphiles.

 Début 1990, le porno sort du ghetto. Après que les salles obscures arrêtèrent leur programmation, les Sex-Shops prirent jusqu’à l’avènement des Vidéos-Shops qui prirent le relais permirent au grand public de découvrir un genre méprisé : le Porno. L’engouement est immédiat, la presse spécialisée sous l’impulsion de Hot Vidéo met à l’honneur actrices, acteurs, réalisateurs. De très sérieuses revues comme les Cahiers du Cinéma consacrent  »  Rêves de Cuir « , les X-Stars envahissent le petit écran et inspirent le Porno Chic aux créateurs de mode.

 Parmi la cohorte de pouliches de l’écurie Marc Dorcel, producteur reconnu et avisé, coincée entre des nymphettes graciles figure une brune plantureuse et naturelle, Elodie Chérie. Contrairement à ses consœurs rapidement érigées en égéries, réelles stars pour certaines, stars glacées et factices pour d’autres, Elodie Chérie se démarque en jouant sur le registre de la voisine d’à côté. Cette voisine au décolleté abyssal qui vous souhaite le bonjour d’un large sourire mêlant gentillesse et invitation aux fantasmes. Cette commerçante probable, accorte et appétissante qui vous donne envie de sauter par-dessus le comptoir tout de suite maintenant.

 C’est d’ailleurs dans ce registre qu’excelle Elodie Chérie dans le mémorable  »  Les Miches de la Boulangère « . Le titre calembour résume le film. Sur le ton du Vaudeville adultérin, les scènes de comédie relèvent un scénario cousu de fil blanc mais si burlesque. Tous les archétypes du vaudeville sont présents : L’employé fainéant, le mari trompeur, la femme délaissée, l’apprenti cupide. Elodie Chérie est parfaite dans son rôle de patronne, les scènes de comédie sont souvent à hurler de rire, notamment celle où Elodie, la patronne se  » paie  » son apprenti, lequel n’a qu’une seule idée : Piquer dans la caisse, alors qu’il saute sa patronne ! 

 Rafraîchissante, Elodie Chérie s’exprime dans une totale gaudriole, loin des rapports de forces physiques tellement en vogue dans les Gonzo actuels. La simplicité et la bonne humeur d’Elodie Chérie ne se cantonnent pas au monde du Porno. Là où certaines veulent jouer le Glamour Chic, Elodie préfère la parodie hilarante avec un kitchissime  »  Pétassine « . Enfin, tous les fans de l’ASSE ne peuvent que se réjouir d’avoir un Magic de cette envergure !

A quoi bon le mélisme ?

Aussi exaspérant que le sustain-vibrato de Gary Moore sur « Still got the blues », aussi prévisible que les 120 db d’une chanteuse francophone (notamment québécoise),  le mélisme a envahit les ondes FM. La cerise sur le gateau initié par la Motown, issue d’une longue tradition Gospel qui transcendait une mélopée en chant énivrant est devenue une pitoyable tarte à la crème.

A ce stade du post, il est légitime de se poser LA question : C’est quoi le mélisme ?

En musique, le mélisme (du grec: μέλος, melos, « air, mélodie, chant ») est une technique consistant à charger de nombreuses notes une syllabe d’un texte, lorsque celui-ci est chanté. Cette musique est opposée à la syllabique, dans laquelle chaque syllabe du texte est fondue dans une seule note. Dans les mélodies traditionnelles, le mélisme naît de l’augmentation par broderie d’une mélodie initiale simple.

L’exemple le plus célèbre est la reprise de  » Will always you » de  Dolly Parton , devenue BO de Bodyguard, interprétée par une magistrale Whitney Houston qui orne et clôt sa chanson par ses appogiatures  » oooo-ooooh »  » ouuuuuuh-iiiiie ». Un coup de maîtresse qui consacre une Diva, qui concilie Gospel et variété.

Malheureusement, force est de constater qu’user et abuser du mélisme nuit à la santé auditive des puristes qui ne peuvent que constater la multiplication de cet exercice de style en écoutant la bande FM. En effet, tous les postulants tapants au portillon de la gloire ressortent cet artifice qui sonne la plupart du temps comme un pétard mouillé. De surcroît, le mélisme s’exporte mal, très mal. La langue française, somme toute monocorde, supporte mal le Ketchup.

Malgré tout, les artistes hexagonaux , à défaut de développer un style original s’acharnent à singer leurs confrères yankees. Et quand le mélisme se retrouve camembert, il se transforme en un dégueulando, marque de fabrique de la production R n’ B à la française. Ouvrez vos oreilles, écoutez la FM…

Pénible n’est-il pas ?

L’Inspecteur Gadget a perdu sa voix

Parmi la pléiade de personnages de dessins animés, certains demeurent dans l’imaginaire collectif et défient les générations. L’Inspecteur Gadget en fait partie.

Go-go-Gadget-o-Succès !

Plus d’un quart de siècle après sa création, le flic farfelu et maladroit fait toujours le bonheur des petits et grands enfants qui sirotent ses explois lors de soirées dédiées sur Gulli. Comment ce policier gaffeur à l’extrême peut-il rallier tous les suffrages ?

L’art de la parodie

Tout l’univers de l’Inspecteur Gadget est un hommage aux différentes séries policières. L’Inspecteur en lui-même : Directement inspiré de l’Inspecteur Clouseau, son histoire d’homme bio-ionique n’est pas sans rappeler celle de  » l’homme qui valait 3 milliards » , sa voiture, elle, est digne d’une Batmobile ou d’une James Bond Car.

Ensuite, chaque épisode commençant invariablement par la mise en main propre par Gontier d’une cassette qui s’autodétruit à l’instar de la série   » Mission Impossible » . Face à un tel énergumène dont le visage emprunte quelques traits à Lucky Luke, dont la maladresse se rapproche de celle de Gaston Lagaffe ou d’un Pierre  » Grand Blond » Richard dans ses grandes oeuvres, il faut forcément un Super-méchant.

Ce Super-méchant, si laid qu’on ne voit jamais son visage est à la tête d’une organisation criminelle le M.A.D. dont la persévérance et la survivance vaut bien le S.P.E.C.T.R.E. de James Bond. Deux organisations criminelles aux acronymes-acrostiches, deux Super-Méchants qui ont un point en commun : leur chat. Celui de l’ennemi de Bond, Blofeld est blanc, celui du Docteur Gang est noir et narquois.

Malheureusement, depuis le 2 Décembre, l’Inspecteur préféré des bambins est muet : En effet, sa voix française, celle de Jacques Cardona, auteur, compositeur, producteur a rejoint celle des muses. Les Mystérieuses cités d’or, c’était lui… ainsi que Ulysse revient .

Il était à l’origine du célèbre studio d’enregistrement Condorcet à Toulouse. Il fut le producteur du groupe Gold. Il a collaboré à l’écriture de nombreux titres dont Capitaine abandonné, Plus près des étoiles pour Gold, Tout est pardonné pour Marie Myriam, l’album Cadillac pour Johnny Halliday.

Plus près des étoiles Jacques…

Source http://blog.fanmusik.com/2008/12/03/hommage-jacques-cardona-auteur-compositeur-interprete-producteur/