Mon blog vient de m’envoyer un email afin de vertement m’engueuler de le délaisser au profit de Facebook. Mon blog est jaloux comme une femme qui doute de ses charmes et à laquelle il ne faut jamais répondre à la question  » qu’a t-elle de plus que moi ?  » par le sempiternel écueil « Tu peux pas comprendre, c’est pas pareil ».

Dis donc toi, t’as des ampoules sur les doigts, l’hypertrichose palmaire a définitivement annihilé toute pensée velléitaire ? Non lui répondis je doucement, seulement c’est que…Ca fait longtemps qu’on se connaît et j’ai l’impression d’avoir fait le tour de la question avec toi. Soit on vieillit ensemble, soit tu changes, soit…

Quoi ! Après tout ce que tu m’as fait subir , que j’ai subi uniquement pour te plaire ! Changement d’apparence, greffe de widgets dispensables, tu étais bien content de faire de moi ta chose et maintenant tu me reproches de ne pas m’auto-upgrader. Mais moi, j’ai besoin de toi et toi, tu me délaisses. Ton dernier post est d’une indigence inconvenante pour ton intelligence et celle de tes lecteurs.

Comme tu dis. Ecrire pour ne rien exprimer c’était le but ultime de ce post. D’ailleurs on n’exprime plus, on communique. Surtout sur Facebook. J’ai eu le malheur de m’y inscrire dans un accès nostalgieux. J’assiste à une cacophonie individualiste où mille êtres fourmillent de leur petite musique égotique lancinante sur le ton du « et moi, et moi, et moi ». Dont moi. Le pire c’est que le vide est fascinant. Fascinant de vacuité surtout.

Comme une vitrine clinquante qui masque le bazar d’une vie d’arrière boutique turpide. Fascinant. Tu coup, je te délaisse , ne sachant ni trancher ni connaître la part de l’utile et du futile. Comme un gamin qui délaisse le piano pour la guitare, le nouveau vase communiquant du Net devient la petite voix facebookienne au milieu d’autres petites voix plus ou moins familières, détrônant une petite voix au milieu de nulle part qu’est mon blog.

Une apparence de cocooning entre potes, comme une boîte de nuit ou un lycée, bref un conglomérat de contemporains dont certaines têtes sont plus connues que d’autres car choisies et d’autres qui passent se manifester. Parfois avec pertinence, souvent avec vantardise, toujours en exquise exergue  de leur vie. Je cumule les vignettes Panini sur ma page Facebook.

Dis, on reste ami ?