Webséries nantaises, vers une mort lente ?

Webséries nantaises, vers une mort lente ?

C’est un brin tristoune que je viens d’apprendre l’arrêt définitif de la websérie nantaise « Les Piliers de la Connaissance ». Une de plus en moins ! Alors, oui, d’aucuns me rétorqueront que cette web série laissera sa place à une nouvelle, à n’en pas douter. Ce raisonnement tautologique lénifiant peine à masquer la réalité. Nous assistons à une véritable hémorragie locale rendant exsangue ce secteur de création. Comédien et donc partie prenante, mon point de vue sera sans doute partial car parcellaire mais je ne peux que constater impuissant à une mort lente de ce format, du moins sur Nantes.

En 2014, Joël Bassaget, expert en webséries, dans un article intitulé « Nantes, le nouveau creuset de la fiction numérique » (1) soulignait avec enthousiasme que Nantes et sa périphérie représentaient près de 25% des nouvelles productions de webséries de l’hexagone. Las, depuis, les suspensions temporaires, désaffections, arrêts définitifs se sont multipliés.

(1)http://webseriesmag.blogs.liberation.fr/2014/12/01/nantes-nouveau-creuset-de-la-fiction-numerique/

« Jean mouloud semoule », « Switch », « Les gardiens », « Dr Joy » et maintenant « Les piliers de la connaissance », autant de webséries made in Nantes qui témoignaient d’un dynamisme créatif local et qui désormais sont en léthargie si ce n’est euthanasiées.

Pourtant, les instances culturelles locales se réjouissaient de cette vigueur créative mais sans pour autant accompagner réellement ces porteurs de projets.  Ainsi, lors d’une interview, Guylaine Haas, responsable des aides au secteur Cinéma et Audiovisuel du Conseil Régional des Pays de la Loire s’enorgueillissait de l’arrivée de ces nouveaux acteurs, tout en admettant que la Région Pays de la Loire ne disposait d’aucune structure, d’aucun « laboratoire » capables de soutenir ces créations, quelle que soit cette forme de soutien (mobilisation des compétences locales, apports de fonds ou caution financière pour la location de matériel).(2)

(2) http://filmsenbretagne.org/nantes-web-series-le-miracle-annonciateur/

Pis encore : la subvention allouée à l’aide à l’écriture aux premiers scénarios a été supprimée par le département. Attendons de voir, à l’échelle régionale, ce que la nouvelle majorité, fraîchement élue, nous réserve. Dès lors, faute de soutien et pour des raisons qui ne motivent que les intéressés eux-mêmes (fatigue, lassitude, solitude, rayez la mention inutile), ces auteurs/réalisateurs/techniciens et comédiens, bricoleurs fantasques jettent doucement l’éponge, se tournent vers d’autres formats,  donnant raison au darwinisme culturel mettant sempiternellement en confrontation offre et demande.

Une excellence nantaise à défendre

Fort heureusement, quelques webséries nantaises résistent, avec une vitalité remarquable. Les millions de vues cumulées de la web série de Valentine « J’veux un mec » en sont la preuve. Random, après avoir accumulé sélections et prix s’est vu offrir par la plateforme Wat appartenant au groupe TF1 un focus formidable, confortant ses créateurs de continuer l’aventure pour une nouvelle saison.

Parallèlement, Nantes regorge de structures d’enseignement supérieur préparant aux métiers de l’audiovisuel. Cinécréatis, Ciné Sup, le BTS Audiovisuel du Lycée Léonard de Vinci à Montaigu et dans une moindre mesure MJM, autant d’étudiants et professionnels en devenir qui sont déjà capables d’affirmer leurs savoir-faire. Ainsi, le court-métrage « Jimbo » réalisé en 2015 par des étudiants de troisième année de Cinécréatis poursuit désormais une carrière internationale !

Voir, faire savoir

A Nantes, depuis quelques temps, les supports de diffusion et donc les occasions de voir se sont multipliés : « Jolis Mômes », association audiovisuelle, producteur et coproducteur de nombreux projets, propose en collaboration avec le diffuseur Télé Nantes, une sélection de CM réalisés au cours de l’année dans le cadre de l’émission « Le club du Short ». « Court en Bar », autre association, propose quant à elle, la diffusion bimestrielle d’une sélection de CM, clips, dans des bars nantais, permettant ainsi aux réalisateurs du département mais aussi de la région une plus large exposition de leur travaux et de fait, de nouvelles opportunités de rencontres et de collaborations.

Cette volonté de faire savoir, s’exprime aussi par la naissance de nouvelles structures, plateformes collaboratives qui proposent de créer du lien et d’entretenir un réseau entre les différents acteurs du secteur audiovisuel ligérien. La bien nommée « La Plateforme », ainsi que « Skwaad », nouvelle venue, autant de passerelles permettant de maintenir l’existant tout en renouvelant les énergies.

Nantes et d’une manière générale, le département, voire la région, paraissent donc armés afin de porter d’ambitieux projets, afin de « monter » à terme d’ambitieuses productions. Pour cela, il serait sans doute judicieux d’opérer une synergie entre toutes ces structures, toutes ces bonnes volontés, sans pour autant perdre ce qui fait l’essence même de nos métiers : le plaisir !

Le plaisir, justement évoqué dans cet ultime épisode des « Piliers de la Connaissance« . A bientôt les gars !

 

De la BD au ciné, les cancres s’invitent sur grand écran


L’ÉLÈVE DUCOBU : TEASER 1 Avec Elie Semoun… par baryla

La thématique de l’école et l’adaptation cinématographique d’une oeuvre populaire semble une alliance pérenne et l’actualité, une fois de plus, nous prouve souvent l’attachement des français à leur « école ».

La rentrée 2011 s’annonce dissipée. Les fermetures de classe se multiplient bien que le nombre de nouveaux élèves à accueillir ne cesse d’augmenter, ne laissant bientôt au Mammouth que la peau sur les os. De facto, la forte mobilisation des élus, familles et parents d’élèves déterminés démontrent bien l’attachement des français à maintenir leurs écoles dans leurs villes et villages.

Fortement ancré dans l’imaginaire collectif, à mi-chemin de l’image d’Epinal et du fait divers, l’école fût souvent le théâtre de nombreuses œuvres artistiques. D’ailleurs depuis quelques années, le cinéma se plaît à traiter de l’univers de l’école et des écoliers, notamment en cherchant son inspiration dans la littérature pour jeunesse, dans la bande dessinée. A ce titre d’ailleurs, force est de constater que les producteurs hexagonaux font parfois aussi preuve d’imagination que leurs homologues américains et vont puiser dans des arts populaires connexes des recettes éprouvées adaptables au cinéma sans grosse prise de risque.

Nul doute que l’adaptation filmique à succès du « Petit Nicolas » a  donné des idées aux producteurs de cinéma, car après la turbulente mèche blonde de « Titeuf », le grand écran accueillera bientôt les aventures d’un autre cancre célèbre de la bande dessinée : « L’élève Ducobu ». Ici, pas de dessin animé mais un film en live-motion, au casting alléchant, Elie Semoun et Denis Podalydès en tête.

Reste à savoir si les producteurs ont trouvé la martingale du Box-Office. Pour « l’élève Ducobu », le carnet de notes tombera le 22 Juin. Décidément, la thématique de l’école et l’adaptation cinématographique d’une oeuvre populaire semble une alliance pérenne. Un remake de «  la guerre des boutons » par Yann Samuel est annoncé en 2012.

Jean Paul ma madeleine

Il existe de nombreuses raisons de revoir un film de Belmondo période « Bébel » La nostalgie en est une indéniablement. Comme beaucoup de garçons de ma génération , Jean Paul Belmondo a été le héros télévisé de mes mardi soirs. Décontracté, gouailleur , un brin macho dans le style cow-boy « rien dans la tête, tout dans les bras », ses histoires de super flic cousues main avec cascades à la clef m’ont émerveillé enfant.

Quelques années plus tard, je découvrais d’autres modèles de l’incarnation de la virilité sur grand écran. Steve Mac Queen et son élégance froide, sa « coolitude », Clint Eastwood , implacable, Robert de Niro, intense et explosif et Jean Paul s’était effacé.

Il faut dire qu’entre-temps le cinéphile intello-rigide nourri aux critiques péremptoires que j’étais devenu avait refoulé cette part de plaisir enfantin.

A écrire juste, je ne me rappelle plus quel fût le déclic qui me ramena vers Jean Paul Belmondo…La énième diffusion d’un de ces films à la télévision, l’adoubement médiatique de Jean Dujardin en héritier ? Toujours est-il que je revenais doucement le voir, au fil de mes pérégrinations sur le net, picorant des infos sur sa filmographie, des anecdotes de tournage, m’intéressant tout autant aux nombreuses B.O. qui émaillaient ses films qu’au casting, qu’aux réalisateurs , le tout en revisionnant de nombreux extraits de films présents sur la toile, bref en essayant de rationnaliser des souvenirs, en essayant de légitimer la place de Jean Paul Belmondo dans mon panthéon cinématographique.

Au fur et à mesure de ces visionnages, tout me revenait en mémoire, je retrouvais le «  Bébel » de mon enfance, des retrouvailles avec un copain avec lequel on a fait les 400 coups et que l’on oubliera jamais. Et de m’extasier sur la B.O. du « Casse », tout en me repassant cette course poursuite incroyable dans les rues d’Athènes avec un superbe Omar Sharif, en dévorant des yeux Jacqueline Bisset dans « Le Magnifique » , en fondant devant Claudia Cardinale dans « La Scoumoune » mais aussi Raquel Welch Marie France Pisier, Marie Laforêt, Carlos Sottomayor, Sophie Marceau et des acteurs «  King Size » comme Bourvil, David Niven, Jean Gabin , Bernard Blier, Julien Guiomar, Michel Constantin, Bruno Crémer , Gérard Depardieu .

Jean Paul Belmondo c’est aussi ça : Tout un pan de la culture cinématographique populaire française, une super star made in France au rayonnement international. D’ailleurs les internautes amateurs de films d’action ne s’y trompent pas : Qu’ils soient italiens, allemands, espagnols, russes, anglo-saxons, jeunes et moins jeunes, tous restent scotchés devant le phénomène français qui tenait la dragée haute aux stars hollywoodiennes.

Il existe de nombreuses raisons de revoir un film de «  Bébel ». Trouvé sur la baie et acquis récemment « Le corps de mon ennemi » en est l’exemple parfait : Une adaptation d’un roman de Félicien Marceau dans lequel Verneuil alterne les Flashbacks en toute fluidité , un casting impeccable, Blier, Pisier en tête, un scénario maîtrisé dans lequel Jean Paul Belmondo déploie un jeu subtil, le tout sur une musique de Francis Lai. Un «  Bébel » c’est ça : Une histoire, un réal, un casting, une B.O., des dialogues, de l’action. Prochaine acquisition en vue, « L’alpagueur » : Labro, Crémer, Colombier.

Il existe de nombreuses raisons de revoir un film de « Bébel », le nier serait déraisonnable.

QP1C Express

Autant par amour du jeu que pour le plaisir de montrer ma trombine à la télé, j’ai participé à la 6665ème émission de Questions pour un Champion. Depuis près d’un quart de siècle, ce quizz à base de rapidité , de culture générale et d’un Julien Lepers bondissant anime les fins d’après-midi de France 3.

C’est en participant à ce genre d’émissions que l’on peut se rendre compte à quel point la machine est rôdée. De l’accueil des candidats aux consignes distillées par l’équipe, rien n’est laissé au hasard, l’organisation est sans faille, vous êtes téléguidé malgré vous par les divers membres de l’équipe, tous sympathiques et avenants, avec lesquels vous pouvez discuter de tout, de rien en attendant votre tour, en attendant de rencontrer l’élément moteur du jeu, l’inénarrable Julien Lepers.

Une organisation sans faille

Muni de ma convocation et après une nuit d’hôtel peu réparatrice sans doute due à la fois au stress et au fait que je préfère me coucher tard que me lever tôt, je me rends 144 avenue Wilson pour 8 heures tapantes, arborant des yeux de lapin atteint de myxomatose.

Le 144 avenue Wilson, c’est la machine à fabriquer des émissions télévisées : Des anciens studios du Club Dorothée, des sitcoms d’AB, le bureau d’AB prod et de JLA prod au jeu de Nagui « Tout le monde veut prendre sa place, » , « Comment ça va bien » avec Stéphane Bern, les studios VCF sont un vrai barnum grouillant en permanence.

Dès la porte d’entrée franchie, le ton est donné : Bonne humeur et sourire sont de rigueur. Pour un tempérament peu enclin à l’exercice des zygomatiques comme le mien, le choc est rude, surtout si tôt le matin (je sais, je me répète). Après avoir parcouru les dédales de couloir tapissés de photos de diverses célébrités qui ont enregistré dans ces studios, le troupeau de candidats arrive dans l’antre du jeu. Visite du plateau au petit matin blême, sans spots, sans public, le studio est riquiqui, quelques techniciens placent les dollies, mais ce calme va laisser petit à petit place à une véritable fourmilière.

Alors que vous venez de regagner la loge des candidats hommes, vous choisissez votre chemise. Pour ma part, je n’ai toujours eu en ma possession soit du sombre, soit du blanc, ce qui posera des problème d’habillements lors de mon passage prévu lors du troisième enregistrement de la journée. Un petit café histoire de se réveiller, un deuxième, Oscar entoure les candidats, William arrive, l’équipe de production rejoint sa salle. Nous discutons entre candidats, de tout, de rien, de Julien, Iris vient nous faire signer nos contrats respectifs d’acception du jeu, de décharge de droit à l’image pour une durée de cinq ans. Je file voir le coiffeur et nous essayons de trouver un truc télégénique. Jovial, celui-ci, coiffeur pour l’émission depuis cinq ans ne rêve que d’une seule chose : Habiter Nozay. Bref, nous plaisantons, je suis coiffé, Michel vient me voir pour choisir une chemise. Finalement, elle sera bleue clair car les miennes ne sont pas assez bien pour un passage télé. Soit. Il est 9h15, la star du programme est arrivée.

Il faudra bien l’énergie du chauffeur de salle et la frénésie de Julien ( ouais je l’appelle par son prénom, c’est comme ça dans le show-bizz) pour réveiller des gradins certes pour l’instant clairsemés mais qui se garniront bien vite au cour de la journée pour finir plein comme un oeuf en fin d’après-midi.

Alors que les cadreurs ont cadré, que l’opérateur grue est au taquet, Julien avec son fidèle comparse-chauffeur de salle lance le sketch qui réveille les troupes : Celui de la chaussette dans lequel Julien explique qu’il est pauvre au point de ne pouvoir se payer des chaussettes neuves et de montrer son pied entouré d’une chaussette trouée, gag étudié au préalable pour des rires garantis, une audience conquise et des cadreurs blasés devant cette énième représentation. Le sketch de la chaussette aura le droit à une redite l’après-midi même pour le même succès, on ne change pas une recette qui marche.

D’ailleurs tout marche de plus en plus vite. Comme dans une fourmilière, tout le monde s’organise. Chacun a une mission à accomplir en temps et en heure, cette mission doit être accomplie et tels des marins courant dans les coursives, l’émission s’anime prend vie , le rouge est mis et….Générique, William lance Julien qui bondit tel un diable sorti de sa boîte,distribuant sourire, énergie et bonne humeur.

Une heure d’enregistrée pour une demi-heure diffusée. Les ratages sont peu nombreux, les équipes techniques changent les pupitres en deux-trois mouvements, l’enregistrement reprend, il se termine, 10 minutes de pose.

Julien a changé de veste, de nouveaux candidats arrivent. Dans le lot, des érudits, des membres du corps enseignant, des velléitaires, des curieux, des candidats amateurs mais aussi professionnels qui participent pour la deuxième, troisième fois, et qui se sont aguerris sur d’autres jeux comme Pyramide, des Chiffres et des Lettres etc etc. Glurps ! Que diable allais-je faire dans cette galère ?

La pression monte

11h45, alors que je regarde ce deuxième enregistrement, la maquilleuse vient me chercher. Je viens de gagner quelques années. Je rejoins le pool des autres candidats en coulisses et là le drame : Le ton de ma chemise bleue claire ressemble trop à celle d’une autre candidate dont je serai le voisin de jeu. Me voila maintenant affublé d’une chemise aubergine digne du Joker. Mon dieu, je suis clownifié !

12h10, je suis équipé d’un micro, Julien affable et courtois discute avec moi afin de savoir quel angle choisir pour ma présentation. L’affaire est entendue. L’enregistrement va débuter. Nous nous cachons derrière le décor, attendant le signal du réalisateur afin de nous lancer sur scène, de rejoindre nos pupitres respectifs. Une brève présentation des candidats, le jeu commence et le déluge de buzz commence. Ca part dans tous les sens, très vite, trop vite, j’ai l’impression d’être déconnecté , un ange passe. Je rate deux-trois occasions de coller au score et je décroche. Bing ! Pour moi, le jeu se termine là, bien trop tôt à mon goût mais qu’importe. L’essentiel est de participer, ce qui n’est certes pas une excuse à mon insuccès mais après tout seuls ceux qui n’ont jamais tenté l’aventure peuvent se targuer de ne pas connaître l’échec.

12h25, un peu groggy, je file en coulisses, on me retire mon micro, un grand dictionnaire Larousse franco-anglais m’attend dans son sac siglé Questions pour un Champion. Le tourbillon est passé.
Je préfère aller me griller une clope plutôt que de suivre la fin du spectacle. Je vais d’ailleurs griller beaucoup de clopes en attendant la pause déjeuner. La pause déjeuner, c’est l’occasion de rejoindre l’équipe de production dans une cantine commune qui fait self. Un coup d’oeil à gauche et j’entre-aperçois Nagui en pause lui aussi avant d’entamer une nouvelle fournée d’enregistrements d’émissions. Je zone un peu dans les parages puis finalement me décide à regagner mes pénates. Bus 153, arrêt Porte de la Chapelle, ligne 12 arrêt Montparnasse et direction Nantes.

Une journée express Nantes-Paris pour une participation à QP1C qui le fût tout autant. Et la diffusion me demandez-vous ? Cette question taraude beaucoup de mes lectrices et lecteurs et afin de ne pas priver celles et ceux qui ont fait de la Schadenfreude un art de vivre,  je les invite à regarder la diffusion de la 6665ème émission prévue pour le … 13 octobre.

Toons recyclés

Grand pourvoyeur de cartoons pour la télévision, le duo Hanna-Barbera a su recycler de nombreux personnages afin de mieux remplir les grilles de télévision, grande consommatrice de flux peu regardante sur la qualité.

Après avoir fait leurs armes dans l’industrie du cinéma et licenciés malgré le succès indéniable de la série Tom et Jerry, les deux compères comprennent que la télévision naissante, grande consommatrice de programmes était une aubaine. Dès lors, ils consacrent leur énergie à la production de dessins animés, développant un univers riche de personnages hauts en couleurs, de nombreuses séries qui ont marqué petits et grands.

Sans mésestimer la capacité créatrice du duo, force est de constater qu’en observateurs avisés de leur secteur d’activité, ils ont su aussi pêcher chez les autres les idées qu’ils n’avaient pas et recycler les leurs.

Leur premier succès  » Meet the Flinstones » ( La famille Pierrafeu en VF) est une parodie de la populaire série  »  The Honeymooners  » transposée à l’âge de pierre. Barbera avouera plus tard s’être inspiré de cette série. Succès aidant, les Pierrafeu auront droit à leur spin off futuriste  »  The Jetsons « , série au succès moindre.

Les Pierrafeu seront la rampe de lancement d’une collaboration de plus d’un demi-siècle avec la télévision. Autre succès incontestable du duo :  » Les fous du volant «  ( Wacky Races en V.O.), course déjantée aux véhicules improbables et aux protagonistes hurluberluesques.

Les historiens du toon auront noté une forte ressemblance entre le super méchant Satanas et un autre méchant issu lui d’un Betty Boop. De la même façon, les granitiques Roc et Gravillon semblent être les brouillons du hurlant Capitaine Caverne et le personnage de Diabolo semble avoir fortement inspiré celui de …Mumbly.

D’ailleurs, la série Mumbly est un clin d’œil à la télévision, parodie de deux séries policières de l’époque à savoir Kojak propulsé supérieur de Mumbly dans ce cartoon et Mumbly lui-même parodie de Columbo, évoluant dans une voiture cabossée et habillé du sempiternel imper qui fit la marque de fabrique de l’original.

Autre thème largement exploité dans les œuvres Hanna Barbera : La bande de jeunes adultes plongée dans des aventures extraordinaires mêlant enquêtes policières et surnaturel, resucée moderne du Club des Cinq d’Enid Blyton. L’exemple le plus éloquent est sans doute Scooby-Doo. Néanmoins, le Capitaine Caverne s’inscrit aussi dans cette veine. Dans les deux cas les ingrédients sont les mêmes : Personnages à la psychologie typée et figée, mascotte improbable et…Combi-van Volkswagen, automobile populaire de l’époque.

Populaire, telle est la ligne directrice de l’équipe qui surfera en permanence sur toutes les modes afin de mieux adapter ses créations à la cible de son diffuseur. Hong Kong Phooey ( Hong Kong fou-fou en V.F.) en pleine explosion des Atémis de Bruce Lee, les Harlem Globetrotters, Pac Man lors de la naissance des bornes d’arcades, Hanna et Barbera auront su être de tous les coups, de toutes les modes, capable d’adapter à la sauce yankee des BD européennes populaires telles que les Schtroumpfs, Lucky Luke ou les Snorky.

Rattaché depuis à Warner Bros Animation, les créations de Hanna et Barbera continuent leur vie. Le dernier show programmé ? Scooby-Doo! Mystery Incorporated.

 

Cher Blog…

Mon blog vient de m’envoyer un email afin de vertement m’engueuler de le délaisser au profit de Facebook. Mon blog est jaloux comme une femme qui doute de ses charmes et à laquelle il ne faut jamais répondre à la question  » qu’a t-elle de plus que moi ?  » par le sempiternel écueil « Tu peux pas comprendre, c’est pas pareil ».

Dis donc toi, t’as des ampoules sur les doigts, l’hypertrichose palmaire a définitivement annihilé toute pensée velléitaire ? Non lui répondis je doucement, seulement c’est que…Ca fait longtemps qu’on se connaît et j’ai l’impression d’avoir fait le tour de la question avec toi. Soit on vieillit ensemble, soit tu changes, soit…

Quoi ! Après tout ce que tu m’as fait subir , que j’ai subi uniquement pour te plaire ! Changement d’apparence, greffe de widgets dispensables, tu étais bien content de faire de moi ta chose et maintenant tu me reproches de ne pas m’auto-upgrader. Mais moi, j’ai besoin de toi et toi, tu me délaisses. Ton dernier post est d’une indigence inconvenante pour ton intelligence et celle de tes lecteurs.

Comme tu dis. Ecrire pour ne rien exprimer c’était le but ultime de ce post. D’ailleurs on n’exprime plus, on communique. Surtout sur Facebook. J’ai eu le malheur de m’y inscrire dans un accès nostalgieux. J’assiste à une cacophonie individualiste où mille êtres fourmillent de leur petite musique égotique lancinante sur le ton du « et moi, et moi, et moi ». Dont moi. Le pire c’est que le vide est fascinant. Fascinant de vacuité surtout.

Comme une vitrine clinquante qui masque le bazar d’une vie d’arrière boutique turpide. Fascinant. Tu coup, je te délaisse , ne sachant ni trancher ni connaître la part de l’utile et du futile. Comme un gamin qui délaisse le piano pour la guitare, le nouveau vase communiquant du Net devient la petite voix facebookienne au milieu d’autres petites voix plus ou moins familières, détrônant une petite voix au milieu de nulle part qu’est mon blog.

Une apparence de cocooning entre potes, comme une boîte de nuit ou un lycée, bref un conglomérat de contemporains dont certaines têtes sont plus connues que d’autres car choisies et d’autres qui passent se manifester. Parfois avec pertinence, souvent avec vantardise, toujours en exquise exergue  de leur vie. Je cumule les vignettes Panini sur ma page Facebook.

Dis, on reste ami ?

De la béquille discursive

Il en va de la béquille discursive comme il en va des modes, une nouvelle apparaît qui chasse l’ancienne devenue par trop obsolète. Si le célèbre « Au niveau de » très typé 80’s est tombé en désuétude depuis quelques années, un successeur a depuis fait son apparition.

Pour ma part, j’ai constaté l’ampleur de l’utilisation de cette béquille adverbiale l’année dernière lors de la diffusion de l’émission de télé-réalité estivale de TF1 « Secret Story 2 ». Ponctuant immanquablement les phrases de FX, l’adverbe incriminé a depuis contaminé toute la sphère médiatique au point de se retrouver dans la bouche de politiques, de journalistes, bref de gens insoupçonnables d’une quelconque faiblesse langagière au vu de leurs cursus respectifs.

Et pourtant, ma semaine de télespectateur et d’auditeur fût envahie de l’adverbe. Des personnalités telles que Laurence Ferrari ou Mazarine Pingeot auront émaillé leurs interventions respectives de l’adverbe lors de leurs passages dans l’émission de Michel Denisot « Le Grand Journal » sur Canal Plus. Certes, l’adverbe est commode pour quiconque souhaite appuyer le propos, conclure ou se dégager en douceur face à un malaise. Tout de même ! Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire vous viennent aisément. L’inflation de l’utilisation de l’adverbe continuera t-elle ? La pandémie nous guette t-elle ?

Voilà.

Morandini Academy, le bal des faux culs

Avec une carrière en yo-yo et une déontologie journalistique à l’avenant, Jean Marc Morandini a su se racheter une virginité éthique, force actes de contritions pour une rédemption validée par ses pairs. Malheureusement, cette estampille d’esprit critique se détache au fil des ans au point de devenir un misérable cache-sexe qui peine à masquer la véritable nature et les nombreux paradoxes de Jean Marc Morandini.

Avec la Morandini Academy, Jean Marc Morandini nous prouve que décidément, dans le petit monde médiatique,  » Tout est Possible ». Sobrement nommée du patronyme du journaliste multimédia égocentré, la Morandini Academy a pour but de dénicher le/la futur(e) chroniqueur/se qui après sélection, casting et vox populi se verra intégrer l’équipe de Morandini. Bien que mêlant démagogie et populisme sous-jacent, d’aucuns saluaient cette initiative qui aurait eu le mérite de décloisonner la sphère médiatique, fonctionnant bien trop souvent par endogamie. Sur le papier, le challenge était beau, le rêve aussi. Néanmoins cette iniative louable s’est vite vue galvaudée, transformant la Morandini Academy en une antichambre du piston.

Ainsi dans le lot des candidats sélectionnés pour la grande finale qui consiste en la présentation d’une chronique média en plateau et en direct lors de l’émission Morandini, les télespectateurs ont pu découvrir une certaine Victoria, Victoria Montfort. Victoria Montfort ? Effectivement, Victoria Montfort est bien la fille de Nelson et de là les rumeurs de piston de naître. Rumeurs d’autant plus dérangeantes que Jean Marc Morandini s’était moult fois targué lors de ces émissions de ne pas faire de favoritisme. Et pourtant, Victoria est sélectionnée. Certes, « une fille de » peut se présenter au casting, enlever le morceau et arriver en finale grâce à son seul talent. Certes.

Mais là où l’explication ne tient plus, c’est lorsque l’on s’intéresse au cursus de la demoiselle. Déjà dotée d’une expérience audiovisuelle, Victoria a décroché un petit rôle dans KD2A, émission destinée à la jeunesse et programmée sur le service public sur lequel officie son père. Et depuis, la jeune Victoria a travaillé pour … (roulements de tambour) Direct 8 ! Précisément la chaîne qui diffuse Morandini ! Etrange coïncidence n’est-il pas ? En effet, Victoria Montfort dans le cadre de l’émission  » Voyage au bout de la Nuit » a déjà pu se confronter aux caméras de la chaîne de Bolloré.

De ces enchaînements de circonstances pour le moins étranges, seuls les esprits chagrins en déduiront que Victoria -« fille de », et ayant déjà oeuvré pour Direct 8- aurait pu bénéficier d’un quelconque passe-droit lui permettant de « gratter des places dans la file d’attente ». Bien sur que non. Victoria doit sa place à son seul talent.

Blackploitation : Car Wash

La quintessence de la Blackploitation au cinéma est morte. La lutte pour l’affirmation d’une culture identitaire noire a cessé d’exister depuis que de nombreux acteurs noirs -d’Eddie Murphy en passant par Will Smith- sont devenus bankables, portant sur leurs épaules des Blockbusters planétaires.

Il n’empêche : La Blackploitation fût autant un mouvement politico-social qu’artistique qui aura eu le mérite de faire  » bouger les lignes « . En moins d’un demi-siècle, les Etats-Unis sont passés des lois de la ségrégation raciale à l’élection d’un président noir.

Par conséquent, et pour les raisons ci-dessus mentionnées, la Blackploitation n’a plus de raison d’être. Pour autant, sous prétexte de vulgarisation de la Blackploitation uniquement à des fins mercantiles et afin de flatter l’ego du spectateur qui se pique de cinéphilie, nombreux sont les cinéastes qui n’hésitent pas à user et abuser des codes du film de Blackploitation en  » oubliant  » le message originel.

Preuve s’il en est que le genre reste populaire mais trop souvent réduit à sa portion congrue, à savoir débauches de tenues kitsch made in 70’s, de gazelles aux yeux de biches ( si, si ça existe), de prises de Kung-Fu, de techniques filmiques en forme d’hommage gimmicks sous l’alibi du vintage.

Dès lors, oubliez Black Dynamite et courez fouiner dans les bacs à DVD de votre supermarché. Vous y trouverez quelques perles dont Car Wash et Dynamite Jones.

CAR WASH & DISCO

Le charme de Car Wash est particulier. A l’inverse d’un Lucas qui se voulait documentariste sur son American Graffiti, le propos de Michael Schultz est totalement différent. C’est un polaroïd, un instantané d’une journée d’employés au sein d’un Car Wash. Unité de temps, de lieu et d’action pour un film un peu foutraque, au rythme parfois poussif et potache mais dont le charme agit à mesure que les minutes s’égrènent.

Tourné sur un authentique site de Car Wash situé sur la 6th à Los Angeles (site aujourd’hui disparu), le Car Wash est le centre névralgique des aventures croisées des divers protagonistes. Une journée de travail, précisément un vendredi, jour de paie et veille de soirées Disco. Au son de l’omniprésente bande FM qui rythme leur labeur et distille la bande son du film, le Car Wash voit son défilé de clients hauts en couleur. Dépassé l’effet souvenir de l’Album Photos, Car Wash se révèle être plus qu’un film Disco.

De prime abord, les portraits des employés majoritairement noirs apparaissent unidimensionnels, s’embarrassant peu de psychologie mais parviennent -au fil des minutes- à être prétexte de réflexions sociales sur la place du noir dans un monde régi par les blancs, un des thèmes majeurs de la Blackploitation. Ce sont ces portraits dessinés en creux derrière une bonhomie de façade, derrière la vitrine clinquante du Car Wash qui transforment un film au cachet désuet en œuvre attachante estampillée Blackploitation.

Du patron blanc qui tient à maintenir son autorité alors que son Car Wash périclite au revendicatif Abdulhah (Bill Duke), fraîchement converti à l’Islam et membre des Blacks Panthers à l’ancien détenu en conditionnelle ( Ivan Dixon) en passant par le contremaître servile, Car Wash propose un concentré du Melting Pot et sa problématique : Comment vivre ensemble en maintenant sa propre identité ?

De plus, Car Wash est servi par de nombreuses prestations de guests dont celle de Richard Pryor en curé prédicateur, limite proxénète et dont la religion est le saint dollar, croyance fortement ancrée au pays du billet vert, surtout chez les employés du Car Wash qui s’extasient devant la réussite matérielle de l’un des leurs. In god we trust, Amen.

Les plus cinéphiles s’amuseront donc à décortiquer la fiche technique et artistique du film mais les mélomanes ne seront pas en reste. Outre la bande son interprétée par Rose Royce, l’apparition des Pointer Sisters rajoute une couche d’intérêt supplémentaire à ce film sans prétentions mais jamais naïf, pas exempts de défauts mais pas forcément réductible à une bande son.